La pédagogie de la proximité et
de la confiance permet au
Système Préventif de devenir
"VIE".
Les composantes fondamentales du
Système Préventif : raison, religion, affection inspirent un projet éducatif qui répond pleinement aux exigences de l'évangélisation
du monde des jeunes.
Une
clé importante qui traduit et explique la tradition éducative de
l'Institut, c'est la vie de Marie Dominique Mazzarello. Bien que nous ne
possédions pas d'écrits d'elle-même sur l'éducation, on peut
reconnaître officiellement son " ministère éducatif ", d'une
importance historique incomparable.
Ce fut une femme de grande capacité d'organisation. Elle a eu l'intuition que
l'éducation est le fait de changements les plus dynamiques et les plus
stimulants qui puissent exister. Aussi s'est-elle engagée dans
cette voie, prenant le risque de la " nouveauté " et des "
ruptures " que cela entraînerait.
Marie Dominique a donné vie à l'expérience salésienne au
féminin : l'assimilation du style éducatif élaboré par Don Bosco pour
les garçons n'est pas une copie passive, mais une adhésion libre et
créative au projet éducatif salésien pour l'adapter au monde féminin.
Priorité donnée à la
personne
La
priorité donnée à la personne est un des critères éducatifs de grande
importance dans le rapport que Marie Dominique entretient avec la jeune
dont elle s'occupe.
L'éducation est un processus totalement personnel. C'est en effet une adhésion
intérieure et libre aux valeurs, c'est une croissance en humanité, c'est
devenir toujours plus soi-même.
Sur ces réalités se greffent
l'attention, les conseils, les propositions de l'éducatrice qui prennent
vie, sans arrêter ni ralentir les ressources de croissance présentes en
toute personne.
Marie Dominique est douée d'une grande capacité de compréhension
des personnes, elle sait patienter. En même temps, parce
qu'animée d'une vraie charité, son sens pédagogique la rend ferme et exigeante,
quand cela est nécessaire, pour corriger et guider raisonnablement. Pour
un meilleur bien, elle sait dire non, gentiment mais fermement.
L'art éducatif de Marie Dominique est le signe certain d'une grande
capacité de discernement des
situations et surtout du cœur des jeunes, condition indispensable pour un
juste rapport éducatif.
L'adhésion au projet de Dieu
Dans
le projet éducatif de Marie Dominique, on trouve une grande
unité, tout converge vers des éléments essentiels qui jouent le rôle
de pivot. Son secret n'est pas d'imposer des principes
théoriques ou des directives ascétiques, mais son désir de faire
rencontrer une personne vivante: Jésus Christ.
Tout ce qui appartient à la nature humaine l'intéresse au
point de porter une grande attention à la santé, au travail, au progrès
des études, à la joie, au besoin d'affection que ressent toute personne.
Les valeurs qui la soutiennent sont des valeurs absolues et,
en tant que telles, définissent son projet comme "projet d'éducation
chrétienne".
Le but de la vie d'une éducatrice est d'attirer vers Dieu, en Christ,
parce qu'en Lui seulement, l'existence humaine trouve son sens et sa plénitude.
Pour elle, vivre c'est faire le bien, et le plus grand bien c'est de
former des femmes chrétiennes.
Marie Dominique a l'art de ramener tout à l'essentiel, laissant croire
qu'il est facile d'être heureux et saint et qu'on peut le devenir.
Éduquer ou rééduquer à la recherche de Dieu à travers l'adhésion à
la foi et l'appartenance à une communauté chrétienne, c'est garantir
une expérience religieuse sérieuse et solide. Si celle-ci n'est pas éclairée,
convaincue, enracinée dans des motivations sûres, elle ne résistera pas
aux défis du laïcisme, de l'hédonisme, etc.
Réalisme et expérience concrète
Le message éducatif de Marie Dominique est aussi
caractérisé par le réalisme et la sagesse, celle des petits pas, par
des choix ponctuels qui traduisent au niveau concret les grands idéaux. Éduquer, c'est entrer dans la logique du réalisme, de la patience, de
l'expérience.
Ses manifestations d'amitié et d'attention à la vie qui grandit étaient
simples, ordinaires, sobres, comme celles qui conviennent dans une
convivialité normale telle qu'elle se vit dans la famille. Ses
interventions n'étaient pas faites de longs discours, ni sa grande bonté
de manifestations excessives, mais de quelques paroles appropriées,
jamais banales, de petits gestes non extraordinaires mais authentiques.
Marie Dominique était persuadée que des interventions pondérées et à
propos qui prennent place dans la vie courante, suffisent à régler les
difficultés et les problèmes ordinaires ainsi qu'à habituer le jeune à
ne pas dépendre de l'éducatrice, mais à chercher soi-même les
solutions nécessaires, acquérant peu à peu la solidité intérieure et
l'autonomie.
Travail et éducation à l'effort
Marie Dominique, habituée dès son enfance aux durs
travaux agricoles qui exigent un investissement de toutes ses énergies,
mettant à l'épreuve non seulement sa résistance physique, mais aussi sa
capacité d'organisation, son esprit d'initiative et de collaboration,
avait appris la valeur éducative contenue dans dans un travail méthodique
et orienté vers un but précis. Le travail et l'étude sont de vrais
moyens éducatifs, non seulement parce qu'ils permettent d'accéder aux
biens matériels ou à la culture, mais parce qu'ils offrent la possibilité
de réalisation personnelle, de croissance humaine et de formation
professionnelle féminine. La précision, la fidélité, l'honnêteté,
la droiture sont des valeurs précieuses qui, tout en gratifiant celle qui
font le travail, procurent des avantages aux autres et surtout la
gloire de Dieu.
En résumant les enseignements de sa pédagogie du travail, on peut
affirmer que le travail, pour Marie Dominique elle-même et pour
toutes, n'est pas ressenti comme un poids, ni toléré comme une
fatigue exténuante, mais est vécu avec dignité et même avec joie.
Le don de soi dans l'amour
L'attention permanente et efficace que Marie Dominique portait aux
enfants, comme l'enseignait Don Bosco, la poussait à aimer ce qu'ils
aimaient et donc d'inventer de nouvelles possibilités pour les rendre
heureux de rester ensemble et de se retrouver. Répondant à leurs
exigences immédiates, elle savait les orienter vers d'autres valeurs.
Quelques jeunes filles veulent-elles apprendre la cuisine ? elle se fait
leur maîtresse, au risque de se soumettre à leur jugement critique, tout
en s'exerçant à cet art. D'autres n'ont ni maison, ni famille, son amour
inventif sait trouver le moyen de créer une ambiance accueillante. Pour
qui recherche la sérénité, elle sait prendre un air joyeux, la créativité,
de multiples possibilités de bien. Pour qui est accablé par la pauvreté
et l'ignorance, elle transforme la maison en école où l'on se prépare
à la vie et où l'on construit un avenir meilleur pour la femme.
L'œuvre éducative est comme le don de la vie. Il faut en prendre soin
dans sa totalité : ne pas évacuer le besoin de joie, de liberté,
d'expression de soi, de travail, d'amitié, mais en même temps il faut
savoir aussi répondre aux aspirations plus profondes du cœur humain assoiffé
d'infini.
Pédagogie de la joie
La
joie sereine et contagieuse que Marie Dominique répand chez les sœurs et
parmi les jeunes est un élément essentiel et caractéristique du style
salésien.
Dans le style éducatif de Marie Dominique on ne trouve pas
seulement le désir de cultiver chez les jeunes le sens de la joie et
l'habitude du bonheur, mais on peut admirer le génie inventif de l'éducatrice
qui organise des moments de joie sereine et partagée.
Son témoignage nous enseigne qu'éduquer à la joie demande beaucoup de
courage ; le courage de construire une attitude de confiance et d'espérance,
continuant de rêver, tout en sachant que l'on rêve L'éducation est un
autre aspect de l'espérance c'est pourquoi elle est directement liée à
la joie.
L'ouverture à la
collaboration
L'éducation dépasse l'individu et la sphère du privé parce qu'elle dépend
de tous les intervenants et de ce fait a besoin de complémentarité, de réciprocité,
de collaboration dans plusieurs domaines.
Marie Dominique était convaincue que l'éducation est une oeuvre